Je dors. Je rêve. C'est tellement bon. Je suis avec elle, on est à cet endroit, il est la bonne heure. On parle, on discute, on s'embrasse, on se glisse des mots à l'oreille, on se caline. Nos regards s'entrecroisent. Le souffle de l'un ravive celui de l'autre. La voix de l'autre rassure celle du premier. Ils s'aiment. Jamais un sentiment n'aura produit un tel bonheur.
Je me lève. Je marche. Elle m'appelle, je l'entends. Je vais dans sa direction. En même temps, je pense. Je la crois en face de moi, là, à l'endroit rêvé, où seul mon corps et mon esprit peuvent entrer en contact avec son âme. Elle est si belle. Si gentille. Si magnifiquement somptueuse. Si rêvée.
Je continue de marcher. Je me rapproche d'elle. Je la sens proche. Très proche. Mon portable sonne. Elle me voit, moi non. Elle me parle. Elle continue de me dire qu'elle me voit et que moi non. Elle se moque. Elle rigole, comme elle sait si bien le faire. C'est pour cela que je l'aime. Un amour si mystérieux.
Elle me dit enfin par où me diriger pour que mon regard puisse croiser le sien. A droite. Continue. Quelques mètres encore.
J'aperçois enfin ses cheveux, si beau, trop beau pour moi, je le sais. Je la rejoinds. Un pas, puis un autre, puis un autre, puis...
Mon âme s'en est allée. Elle a quitté ce monde au moment où elle allait vivre son plus grand bonheur. Un pas de trop. Ce pas, porteur d'espoir, avait comme destin la fin d'une vie. Il a, comme destin, la fin d'une vie.
Romy.